Bien faire un meilleur choix d’orientation, les conseils de la psychopédagogue

Berthe Pohann Odile, psychopédagogue de son état, a été révélée à la Côte d’Ivoire grâce à une émission télévisée « la petite causerie » de la chaîne de télévision ivoirienne (RTI). Son éloquence, la justesse et la pertinence de ses raisonnements sont autant de qualités qui l’ont poussée sous les feux des projecteurs. Peut-on encore en Côte d’Ivoire, parler de problèmes liés à l’enfant, à l’adolescence et à la famille sans faire recours à son incontestable expertise ?

Conférencière, coach-motivateur, enseignante des universités, elle a toujours su apporter la solution au problème de son prochain. Forte de ces valeurs qu’elle incarne, elle donne dans cette interview des instructions poignantes pour booster la compréhension des élèves et étudiants dans leur choix d’orientation pour se garantir un avenir véritable.   

Que pouvons-nous entendre par psychopédagogie ?

La psychopédagogie englobe la « psychologie » qui, elle, tient compte du comportement cognitif, du développement comportemental observable et des émotions parce que l’homme exprime son émotion. Elle implique également « la pédagogie » qui permet l’acquisition de savoir. Ce processus de transmission ou d’acquisition du savoir par autrui doit inclure son développement psychologique. Donc le connaître, savoir ce qu’il peut acquérir à partir d’un certain âge. Selon la psychologie, on n’enseigne pas n’importe quoi à n’importe qui et à n’importe quel moment, voici le triptyque. Si nous prenons l’exemple palpable d’un enfant de 3 ans ou 4 ans que ses parents décident d’inscrire au cp1 (Cours préparatoire première année), il y un a facteur dont ils doivent tenir compte. Il s’agit notamment de savoir s’ils ont considéré le facteur intellectuel, psychomoteur et socio- affectif de cet enfant, avant de l’inscrire ? Si la réponse est négative alors, les parents doivent avoir un brin de psychopédagogie pour le suivi et le bien-être de leur enfant. Cela ne signifie pas forcément qu’ils doivent avoir fait une étude en psychopédagogie. Cependant, il est indéniable qu’ils aient une petite notion parentale qui aiderait l’enfant ou l’élève à plusieurs niveaux. Il est important de s’imprégner de l’état psychologique de l’enfant ou l’élève afin de connaître tout ce qui pourrait être trouble chez cet individu à savoir : les difficultés scolaires, les difficultés relationnelles susceptibles d’avoir un impact significatif sur lui et/ou sur son rendement.

Ainsi, trois facteurs interviennent dans ce cas. D’abord sur l’individu lui-même, (notamment sa santé, sa motivation, et autres …, ndlr), également chercher à vérifier si au niveau de l’institution les enseignants tiennent compte de la psychologie de l’étudiant, si les cours sont bien dispensés et adaptés. A tout cela s’ajoute le rôle familial ; parce que la famille est le premier milieu éducatif qui consolide la relation enfant-parent. L’inclusion du milieu familial vient consolider la corrélation qui existe entre ces trois facteurs. 

Si vous faites la synthèse des différentes approches, quelle définition la psychologie donne-t-elle à l’orientation ?

L’orientation est l’une des choses les plus importantes dans le domaine académique. L’orientation ne se fait pas seulement après l’obtention du baccalauréat, mais des années avant. C’est pourquoi dès l’école primaire, le parent doit de temps à autre demander à l’enfant ce qu’il souhaiterait faire plus-tard dans la vie active. Cela est très important ! Si l’enfant est indécis ou s’il n’a aucune notion de ce qu’il envisage de faire, il appartient aux parents de lui procurer toutes les documentations possibles (revues de métiers) ou de l’envoyer voir des métiers existants en vue de s’imprégner des différentes modalités de formation mais, en même temps, lui montrer la diversité des métiers qui existent en lui faisant comprendre que ce n’est pas que le métier de papa ou de maman qui existe. Au-delà des résultats scolaires, le parent doit être un guide, un accompagnateur de l’enfant. Quand celui-ci arrive au collège, le parent doit s’intéresser à lui de plus près, de sorte qu’il sache, dès la classe de sixième les aspirations de son enfant.

Dès lors, il saura quelle étude serait convenable pour sa future profession. C’est alors qu’il pourra mettre de son côté toutes les chances pour y arriver. Si l’élève ou l’étudiant décide par exemple d’étudier la psychologie, les parents sont dans l’obligation de le mettre en contact avec un psychologue en vue de l’humecter du domaine et avoir les directives nécessaires pour y parvenir. L’orientation est le devenir de l’étudiant.

Le choix de l’enfant concernant son orientation doit être respecté peu importe le grade ou le statut du parent. Le rôle des parents est d’accompagner et aider l’enfant dans son choix pour qu’il soit meilleur au lieu de détruire son désir. L’orientation doit prendre en compte les besoins réels et la connaissance du métier dans lequel l’on veut exercer.

C’est pourquoi, lors des journées carrières, on explique et présente les différents métiers ainsi que leurs débouchés. Si une personne exerce un métier pour de l’argent et non par amour, ce métier aura forcément un poids sur cette dernière. Tout ne s’arrête pas qu’à l’argent. Lorsqu’on travaille par amour ou par passion, on finit par produire de bons fruits. Malencontreusement, le constat est triste ; l’on ne pense qu’à l’aspect lucratif. Exemple : « Si je suis journaliste, je dois me poser la question de savoir : qu’est-ce que j’apporte de nouveau au journalisme qui me démarque des autres ? » Cela doit être ma préoccupation.

Qu’est-ce qui pourrait motiver une personne à s’orienter dans un domaine bien précis ?

Nous sommes toujours dans une situation où on a envie de s’inspirer d’un modèle (personne). Si l’enfant exprime son désir d’exercer un métier, il faut lui demander pourquoi il l’a choisi. C’est la réponse à cette question qui va permettre aux parents de comprendre si c’est le choix réfléchi ou non. Donc le choix est fonction de la connaissance et de ce qu’on a envie de faire et surtout et de ce dont on a vécu.

Que pensez-vous des parents qui influent sur les choix de leurs enfants ?

Généralement, après l’admission au baccalauréat, les parents interviennent un peu trop dans la prise de décision de l’enfant concernant son choix d’orientation. Parfois, ils choisissent l’école, la filière et même le pays où l’enfant ira continuer ses études sans le consentement de celui-ci ou celle-ci encore moins se soucier de ses attentes à savoir s’il a l’amour du métier qu’on lui impose. Il est difficile d’exercer une profession qu’on n’aime pas, on n’en produit pas de résultats satisfaisants. Mais lorsqu’on fait le travail de son choix, il se dégage en nous une certaine aisance dans l’exercice de cette fonction.

Quand on parle de choix, cela signifie qu’il est libre et volontaire. Obliger ou influencer quelqu’un à faire quelque chose qu’il n’aime pas est une lourde responsabilité. Lorsque ce choix s’achève de la mauvaise manière, directement celui qui l’y a incité est tenu pour responsable. Alors que s’il faisait librement son choix, il serait à même de surmonter les difficultés, faisant des pieds et des mains pour parvenir à ses fins sans chercher de bouc-émissaire. Il faut également connaître les capacités des enfants avant de leur imposer des choix. Le parent est juste un guide et non le décideur pour son enfant en terme d’orientation. Si l’enfant décide d’étudier une quelconque filière, le rôle du parent est de se documenter et documenter cet enfant afin d’avoir les informations nécessaires. Je suis parfois étonnée quand les parents disent que le futur bachelier n’est pas assez responsable pour opérer un meilleur choix. C’est aberrant !

Quel est le rôle du psychopédagogue dans la société ?  Quelle est l’implication du psychosociologue dans le choix d’orientation ?

D’abord le psychologue est celui qu’on « consulte » lorsqu’on ne se connaît pas. Il faudrait mieux se connaître avant de s’engager ou d’exercer un métier, parce qu’un métier est fonction du tempérament, de la personnalité… Le psychologue est un équilibriste. Ainsi, son rôle consiste à accompagner les personnes en les soumettant à des tests afin de déterminer leurs profils de métiers qui leur sont convenables. Il est également un motivateur qui amène les individus à avoir confiance en eux-mêmes dans le cas où il y aurait manque, leur apprendre à se valoriser et à développer leurs potentialités.

En termes pratiques, lorsqu’un l’enfant se drogue, il serait préférable de chercher à comprendre les raisons de son attitude en lieu de et place de le condamner. Évidemment, la psychologie fait de la prévision en avertissant des conséquences qui pourront surgir d’un quelconque comportement.

La psychopédagogie rime-t-elle avec d’autres activités ?

Oui ! Il existe des psychologues-cliniciens au niveau médical, des psycho-sociologues, au niveau des entreprises, il y a des psychologues an niveau du travail. En sommes, les psychologues opèrent dans tous les domaines. Aujourd’hui, la psychologie rentre dans la sexologie qui consiste à assister les couples et les relations parentales. Si un parent ne connaît pas l’état psychologique de son enfant, il ne comprendrait pas les ressentiments qu’il exprime à partir d’un certain âge (entre l’adolescence et la maturité).

Quelle valeur doit posséder un étudiant pour avoir un avenir radieux ?

Nous sommes le fruit de ce qu’on a envisagé de devenir. La prise de conscience doit stimuler en nous l’engouement pour ce qu’on désire faire ; parce que naturellement le travail bien fait nous honore. Lorsqu’on choisit un métier, on a obligation de l’aimer et le faire correctement afin qu’il ne soit pas une corvée ou une tâche mais plutôt quelque chose qui nous apporte une satisfaction morale personnelle, également la conscience professionnelle, le respect, la ponctualité. Il faut être partisan de l’honnêteté et non de la corruption et la tricherie mais posséder des ambitions nobles.

Pour l’élève ou l’étudiant qui désire s’orienter en psychologie comme étude, quelles sont les éventuelles difficultés qu’il pourrait rencontrer ?

Rien n’est difficile pour celui qui veut embrasser. Lorsqu’on a l’amour de son travail, on affronte les difficultés et on s’adapte. La psychologie est la science d’avenir parce que les gens auront toujours besoin de savoir qui ils sont réellement, le pourquoi des choses, le pourquoi de leur comportement, etc. La psychologie sera toujours cette science qu’on sollicitera. Avant, les gens ne comprenaient pas la psychologie mais aujourd’hui, on comprend de plus en plus son importance dans la société. Quelles que soient les difficultés intellectuelles, il faut s’armer de courage et les surmonter. La psychologie doit être mise au grand jour.

Que conseillerez-vous aux futurs étudiants pour une orientation appropriée ?

On n’engage pas sa vie de manière légère. Le choix d’un métier est un engagement de vie, or la vie ne se refait pas. Il serait judicieux de faire des recherches pour mieux s’instruire dans le domaine où ils souhaitent faire carrière. Participer aux journées carrières, aux colloques sur l’orientation où ils seront en face des professionnels qui vont leur expliquer le bien-fondé des filières afin de jauger les différentes difficultés qui s’y rattachent et prendre la bonne décision.

Interview réalisée par  Emmanuel D.

 

 

 

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