Bouaké au berceau du peuple Baoulé

Située à 367 Km de la capitale économique ivoirienne Abidjan, la ville de Bouaké compte une population estimée à 1.200.000 habitants sur une superficie de 312 km.

Bouaké, la deuxième grande ville de Côte d’Ivoire

A ce jour bâti sur un relief relativement plat, avec une importante constellation de villages autour d’elle  (143 villages sont dénombrés dans un rayon de 20 kilomètres), la ville de Bouaké est nommée la deuxième plus grande ville de Côte d’Ivoire.

La ville fait bon ménage avec des régions environnantes, dont les communes de Katiola et de Dabakala au Nord, les communes de Djebonoua et Tiebissou au Sud, les communes de Sakassou et de Béoumi à l’Ouest et, à l’Est avec les communes de Brobo et de M’Bahiakro.

Mais, avant d’être cette ville qu’elle est aujourd’hui, Bouaké a nul doute franchi d’importantes phases afin de refléter la fierté qu’il confère à ses habitants.

Il était une fois Gbèkèkro…

En plein cœur de la savane Baoulé, la cité Bouakoise a accompli en plus de 100 ans un parcours jalonné de péripéties qui l’ont hissée au rang de 2è grande ville de Côte d’Ivoire. L’histoire commence avec un petit village appelé « Gbèkèkro ».

Fondé en 1865, Bouaké était à l’origine un petit village baoulé du nom de Gbèkèkro, signifiant «village de Gbèkè», en référence à Gossan Kwa Gbèkè qui le dirigeait. Le peuple qui l’habitait appartenait à la suite de la reine Abla Pokou qui s’est établi en ce lieu après l’installation de la reine à Sakassou.

En effet, au milieu du XIXe siècle, le village Gbèkèkro était dirigé par le chef Gossan Kwa Gbèkè, issu de la tribu Assabou du groupe Akan, ayant suivi la Reine Pokou et sa soeur Akwa Boni dans leur épopée à travers la savane Baoulé  jusqu’à l’installation définitive de la famille Royale dans la région de Ouarebo.

De péripéties en péripéties…

A l’époque, soucieux d’assurer une pérennité à leur royaume, une grande majorité des dirigeants s’était familiarisée à une nouvelle coutume qui consistait à symboliser les liens entre leurs peuples et ceux d’ailleurs. Et, parmi eux, le chef Gossan Kwa Gbèkè.

Alors connu dans toute la région pour son autorité et sa grande sagesse, le chef a présidé au nom du peuple Baoulé, la cérémonie de conclusion du traité de non-agression avec l’Almamy Samory Touré, avec la médiation des « Touré » de Marabadiassa.

Pourtant, bien parti pour une période de troubles et d’affrontements avec d’autres peuples, notamment les colonisateurs français, le village Gbèkèkro perd Gossan Kwa Gbèkè.

A sa suite, Kouassi Blé prendra les rênes de  Gbèkèkro. En 1898, Avec l’implantation du camp militaire français à l’orée du village, sous la supervision du capitaine Benoît  sur le chemin du retour, après les dernières batailles décisives contre Samory Touré au Soudan-Français, survinrent des brimades et des humiliations de toutes sortes.

A son corps défendant, en 1899, Kouassi Blé entraînera son peuple dans une guerre inégale contre les militaires et les tirailleurs armés de fusils et aguerris par leur métier habituel.

Battu, Kouassi Blé dû abandonner le village pour émigrer vers l’Est à 12km de Gbèkèkro et y fonda en 1900, le village de Kouassi Blékro, siège actuel de la grande chefferie Gossan de Bouaké.

Sous l’uniforme français les troupes s’imposèrent et organisèrent la ville pour l’administrer sous une forme moderne. C’est ainsi qu’en 1900, des liaisons s’établirent entre Bouaké, Toumodi, Tiassalé, M’bahiakro, Béoumi, Sakassou, Marabadiassa, Katiola… Par la suite, en 1904, Bouaké reçoit l’installation de son premier bureau de poste.

Toujours dans cette logique de modernisation, la deuxième ville de Côte d’Ivoire voit l’établissement de liens télégraphiques en son sein, en 1907. Ainsi suivirent plusieurs autres opérations qui ont fini par effectuer la métamorphose de Gbèkèkro.

De Gbèkèkro à Bouaké : comment en arrive t-on là ?

(A suivre)

KADET Kady

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *