Cours en ligne / MOOCs : Entre fantasmes et réalité, quel impact sur l’éducation en Afrique ?

En Afrique, l’éducation supérieure voit ses effectifs progresser de plus de 8% chaque année. Alors que le continent devrait abriter 20% de la population mondiale d’ici 2040 et que 2/3 des Africains ont moins de 25 ans, le problème de la qualité de l’éducation devrait se poser avec plus d’acuité à un secteur qui rencontre déjà des difficultés en raison, entre autres, de la qualité de son enseignement et de la faiblesse de ses infrastructures. Dans ses efforts pour relever le niveau de son enseignement supérieur, le continent pourrait trouver dans les « cours en ligne ouverts et massifs » (en anglais MOOC), un allié de choix. Néanmoins, à ce jour, cette solution est loin d’être la panacée qui nous est vendue.

Une nouvelle méthode pour révolutionner l’enseignement

Lancés au tournant de l’année 2010, les MOOCs sont les derniers-nés dans la série des solutions destinées à universaliser l’accès à une éducation supérieure. Ils viennent ainsi compléter des concepts comme les OpenCoursesWares ou encore les formations ouvertes à distance (FOAD).

Si l’éducation à distance via des terminaux connectés n’est pas en soi une nouveauté, le MOOC a pour lui la particularité d’être ouvert à tous, d’être gratuit et d’offrir un enseignement essentiellement numérique. Sa promesse est de permettre aussi bien aux individus exclus du système de l’enseignement supérieur qu’à ceux qui y appartenaient, d’accéder de façon égalitaire à la connaissance.

En outre, il a l’avantage de profiter d’un contexte particulier. En effet, en 2015, l’union internationale des télécommunications estimait à 43% la proportion de la population mondiale qui était connectée à internet, soit 3,2 milliards d’humains dont 2 milliards en provenance des pays en voie de développement.

Mais qu’ils suscitent la crainte ou l’enthousiasme, les MOOCs laissent rarement indifférent.

Une solution idéale sur papier…

Si les MOOCs ont bénéficié d’un tel effet, c’est parce qu’ils apportaient un début solution à des difficultés que rencontre l’éducation, notamment dans les pays les moins avancés. La massification des effectifs se traduit par la difficulté pour le corps enseignant de gérer les flux d’étudiants, et par un fort taux de redoublement, voire d’abandon.

Par ailleurs, la faiblesse de la documentation disponible, réduit la possibilité pour les apprenants d’accéder à un large spectre d’informations dans leurs domaines de formation.

La pression exercée par les états sur les budgets de l’enseignement supérieur contraint les apprenants à se tourner vers les établissements du secteur privé dont les standards ne sont pas toujours adaptés aux exigences de l’enseignement universitaire.

Les MOOCs apparaissent alors comme une solution permettant de réduire drastiquement les coûts liés à l’infrastructure d’apprentissage et les coûts variables de l’éducation supérieure. En outre, ils offrent de la flexibilité dans l’apprentissage en permettant aux étudiants de progresser à leur propre rythme.

Pourtant, le brouillard quant à cette forme d’apprentissage demeure toujours épais.

A suivre……

A.C

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