CULTURE / AFRIQUE: Comment le continent positionne ses Universités à l’ère de la mondialisation

Le 21è siècle sera, sans aucun doute, un siècle de convergence et de solidarité : un siècle de convergence pour un réel dialogue des cultures, un siècle de solidarité pour un rendez-vous humaniste du « donner et du recevoir » pour une « Civilisation de l’Universel », a exprimé Monsieur Souleymane Niang Diop, recteur de l’Université Cheick Anta Diop à l’occasion d’une tribune de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture).

L’évolution de l’Enseignement Supérieur africain s’appréhende à juste titre avec les processus de mondialisation. Ces processus assimilent tous les globes terrestres à un « village planétaire », par suite des révolutions dans les communications et les Transports. Dans cette perspective, ce sont les systèmes de l’éducation et de la formation des hommes qui se sont vus repensés, et fondamentalement ceux de l’Enseignement Supérieur.

Développement et formation en Afrique

Observons d’une manière générale, que le développement total d’une société peut être mesuré par deux composantes : une première morale, humaniste et spirituelle et, une seconde composante physique, scientifique et technologique. La seconde, qu’on jauge plus appelante dans le contexte africain, correspond à l’épanouissement des pays et à la qualité de leur environnement.

L’Enseignement Supérieur est ainsi à nouveau reconnu comme un moteur de développement économique, notamment sur le continent africain, car les sociétés du savoir exigent de nouvelles compétences, rendant obsolètes les économies basées sur l’industrie manufacturière. Cependant, « le contexte dans lequel évoluent les universités africaines accroît leur précarité et les oblige à s’adapter au mieux », comme le montrait William Saint en 1992 dans un rapport pour la Banque Mondiale sur la revitalisation du secteur universitaire africain.

Le « siècle de la solidarité » en manifestation

Cette réalité conduit la sphère de l’Enseignement Supérieur du continent à un attachement plus intime avec des institutions internationales qui la stimulent à la production de résultats conséquents pour leur développement. Le stimulant se fait administré par le biais de donations au secteur universitaire.

Le paysage de ces donateurs est composé de nombreuses institutions, fondations et agences internationales de fonds et d’organisations panafricaines. Il s’agit entre autres de l’Usaid, la Banque Mondiale, la Swedish, International Development Cooperation Agency, le British Council, l’International Development Research Cendtre du Canada, le Programme des Nations Unies pour le développement et bien d’autres.

Le nouveau départ, le départ technologique

Face à l’arrivée massive d’étudiants et au manque d’infrastructures, les gouvernants de l’Enseignement se tournent vers de nouvelles résolutions. La principale étant l’enseignement en ligne. La révolution numérique est en effet « une promesse réaliste pour l’Afrique », selon le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur à l’Université Américaine de Columbia.

Invité à prononcer le discours inaugural de la Conférence sur les enjeux du numérique pour l’enseignement supérieur en Afrique, organisé les 6 et 7 mai 2015 par l’Unesco à Paris, l’intellectuel sénégalais a résumé ses espoirs : « l’Afrique va devoir faire face au doublement de sa population. Le rythme auquel elle pourra construire des infrastructures et former des enseignants sera toujours en retard sur l’afflux croissant de nouveaux étudiants. Les MOOC sont une innovation technologique dont elle doit se préparer à tirer profit pour répondre au double défi de l’explosion de la demande et de l’inégalité d’accès à l’enseignement ».

Ainsi, la Côte d’Ivoire après le Sénégal, s’est-elle immergée depuis 2016 dans cette « promesse réaliste » qui se veut à la hauteur de ses problématiques et futures. A quel niveau se trouve donc ce pays sur l’échelle de ses défis ?

A suivre       

KADET K.

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