Culture : Voici l’histoire inconnue de la première université Africaine

Aujourd’hui comme hier et demain, l’université aura toujours le rôle de conserver la connaissance, de la porter à son plus haut niveau et de la transmettre. C’est ce dessein qui motiva les initiateurs de ce qui serait la première université du monde: l’Université de  Sankoré.

Celle qui en 1988, permis d’inscrire la ville de Tombouctou au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses richesses culturelles (mosquées, mausolées , manuscrits) et historiques.

L’université de Sankoré proprement dite est un ensemble de près de cent mille manuscrits datant de la période impériale ouest-africaine (au temps de l’Empire du Ghana, de l’Empire du Mali et de l’Empire songhaï) aujourd’hui détenus par les grandes familles de la ville.  Ils sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l’ancien empire du Mali et contiennent un savoir didactique notamment dans les domaines de l’astronomie, de la musique, de la botanique…

Des manuscrits plus récents couvrent les domaines du droit, des sciences, de la religion, du commerce, de l’histoire (avec d’inestimables documents comme le Tarikh el-Fettash (Chronique du chercheur) de Mahmud Kati sur l’histoire du Soudan au xve siècle et le Tarikh es-Sudan (Chronique du Soudan) d’Abderrahmane Es Saâdi aux viie siècle).

Certains de ces textes gardent la trace de la tradition des grands jurisconsultes de l’Islam de l’Empire du Mali. Ahmed Baba – l’un des intellectuels les plus réputés du xvie siècle – est l’auteur d’un dictionnaire daté de 1596 présentant en particulier le fonctionnement des écoles et universités qui réunissaient 25 000 élèves et étudiants dans la ville de Tombouctou.

Un recueil sur « les bons principes de gouvernement » rédigé par Abdul Karim Al Maguly remonte au règne de l’empereur Askia Mohammed (1493-1528). Ce document atteste de l’existence d’institutions étatiques très développées. Il introduit les règles du procès équitable qui préfigurent les grands textes du xxe siècle.

« L’impartialité du souverain doit être faite dans le cas notamment du jugement à rendre entre deux personnes opposées par un différend : Il faut être juste dans chacun des actes, allant de la façon de recevoir les personnes opposées jusqu’au moment de trancher. Même si l’un des protagonistes tentait un rapprochement avec le souverain-juge, il faudrait éviter toute amitié. »

« Le temps de plaidoirie doit être également équitable. L’équité veut qu’il n’admette pour témoins que des personnes à la moralité avérée. »

« Les hommes de droit qui entourent le Roi ne doivent accepter de pots-de-vin ni avant, ni après le procès. Aucun cadeau des plaignants ne doit non plus être accepté. »

Si on se prête à ces empreintes de l’histoire et de leur connotation dans le contexte social du continent, alors une question se pose : pourquoi d’un passé si « cultivé », l’Afrique se voit aujourd’hui refoulée au bas du mur intellectuel, à l’échelle mondial ? Mieux, l’université africaine d’aujourd’hui arrivera-t-elle à faire rassasier les besoins de sa société ? A suivre…

KADET K.

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