Étudiants africains en France face au Covid-19 « C’est épuisant d’avoir faim et de devoir étudier »

Certains ont dû renoncer à des repas, d’autres ne peuvent plus payer leur loyer. Confinés en France à cause de la pandémie de Covid-19, les étudiants africains souffrent de la distance avec leur famille et du manque de moyens. France 24 leur donne la parole.

« Je déjeune bien le matin et je ne mange plus rien jusqu’au soir. Mes partiels ont été annulés, mais on doit rendre des devoirs par écrit. C’est épuisant d’avoir faim et de devoir se concentrer pour l’université. »

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Syra, 25 ans, vit seule en France depuis quatre ans. À ses parents restés au Sénégal, elle évite soigneusement de raconter ce qu’elle traverse pour ne pas les inquiéter. L’étudiante en sciences politiques, à l’Université Paris 8, a perdu son emploi dans une agence de communication à la suite du confinement.

« Actuellement, je n’ai plus aucune rentrée d’argent, alors j’ai été obligée de m’autoéduquer par rapport à la nourriture », raconte-t-elle. La jeune étudiante ne peut prétendre à une bourse sociale de l’Éducation nationale. Cette aide est réservée aux étudiants dont les parents résident sur le sol français depuis plus de deux ans.

Solidarité entre étudiants

Face à l’urgence, certains n’ont pas attendu. C’est le cas de Khadim Dieye, le président du Cercle des étudiants sénégalais de Valenciennes, qui compte une centaine de sympathisants. L’étudiant en deuxième année de DUT à l’Université polytechnique Hauts-de-France s’est lancé dans la livraison de denrées alimentaires pour ses camarades les plus précaires, avec les membres de son association. « De la viande, du sucre, du lait, de l’huile, des pâtes et du riz pour dépanner », liste-t-il.

D’autres associations, comme l’Association des étudiants sénégalais de France (AESF), ont lancé des collectes de fonds. En attendant, sa présidente, Mame Soce Beye, a déjà puisé dans ses propres réserves pour prêter de l’argent aux plus précaires.

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Mise en demeure en plein confinement

L’un des principaux postes de dépense pour ceux qui ne vivent pas chez leurs parents reste le loyer. Pour son logement social de 12 m2, Oumy Dione, étudiante sénégalaise en école d’ingénieur à Marseille, vient de recevoir une lettre de mise en demeure de la part de son bailleur privé. Elle n’a pas été en mesure de payer les 520 euros dus pour le mois de mars.

« J’essaie de négocier… Hier, j’ai réussi à envoyer 200 euros au propriétaire, grâce à une ‘aide pour les étudiants en difficulté’ versée par l’État sénégalais. » Oumy compte déposer, elle aussi, un dossier auprès d’une assistante sociale du Crous pour prétendre à une aide d’urgence.

Des titres de séjour en suspens

Pour Sonia*, étudiante algérienne en management stratégique, le confinement dû à la pandémie de Covid-19 génère une autre angoisse : la mise à l’arrêt des services administratifs repousse l’attribution de son titre de séjour.

Le gouvernement français, qui a annoncé à la mi-mars la prolongation de trois mois de l’ensemble des visas long séjour et des titres de séjour en France, vient de rallonger d’un trimestre supplémentaire la validité de ces documents.

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La Rédaction

Source: Planeteschoolmag.net

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