J’aimerais exceller dans le domaine du Photojournalisme

Rebecca Traoré, 23ans étudiante en Master 2 de communication option journalisme à l’université Félix Houphouet Boigny d’Abidjan (Cocody).

1- Parlez-nous un peu de votre parcours universitaire.

Je dirai que j’ai un parcours très enrichissant. Depuis la licence 1 en 2015 jusqu’en master 2 actuellement, j’ai acquis beaucoup de connaissance en matière de communication en général. Particulièrement, le journalisme est la spécialité que j’ai choisie. Bien que nous ayions des difficultés liées au manque de salle multimédia.

Car, pour un cour de techniques d’animation/ présentation ou un cours de radio, il faudrait faire de la pratique pour mieux comprendre.

Malheureusement, le département de communication n’est pas équipé et cela bouleverse nos acquis quand on se retrouve sur le marché de l’emploi

2- Quelles sont vos aspirations professionnelles dès la fin de votre cursus?

Dès la fin de mon cursus scolaire, j’aimerais exceller dans le domaine du photojournalisme. Ainsi, pour atteindre cet objectif, j’ai décidé de m’accrocher à certains devanciers déjà sur le terrain. Ceux-ci m’aident beaucoup à allier photographie et journalisme plus précisément la presse écrite.

Je suis, également, passionnée de sport et pratiquante de Taekwondo à L’Abidjan Université Club (AUC-Taekwondo). Je suis, donc, administratrice de plusieurs pages de sport et je participe même à la couverture médiatique des évènements sportifs tels que les compétitions d’arts martiaux, de rallye…

Par ailleurs, je pense que ma personnalité est en accord avec mes ambitions. C’est à dire Être une journaliste professionnelle dans le domaine du sport.

Voilà un peu ce sur quoi je voudrais essentiellement me focaliser.

3- Comment organisez-vous vos journées sur la Fac. au regard de vos ambitions professionnelles?

il faut déjà dire que le programme de Master 2 est assez souple avec 8 matières. Un tel programme me permet de vaquer sereinement à mes activités professionnelles qui se tiennent le plus souvent dans l’après-midi. Mais, il arrive dès fois où je suis contrainte d’abandonner certaines tâches qui me sont assignées dans le métier au profit des cours. Car, dans notre département, il y a ce qu’on appelle la note en présentiel c’est à dire, une note de présence. C’est donc, un impératif que de participer à 3 sur 5 cours en moyenne pour espérer être admis en salle d’examen.
C’est souvent compliqué mais, j’essaie en tout cas d’être beaucoup présente au cours et ensuite me concentrer sur mes ambitions professionnelles

4- Quels sont vos rapports avec vos Enseignants?

Au premier abord il faut noter que les enseignants sont très accessibles.
Personnellement, j’ai une bonne relation avec mes enseignants.

Aussi, connue comme une bonne sportive, les professeurs n’hésitent surtout pas à m’ouvrir les bras. D’autres mêmes m’appellent la Karatéka. (Rire)

La preuve est que l’un de mes enseignants qui a vu en moi une étudiante studieuse et travailleuse a conjugué ses efforts en contactant ses connaissances dans le milieu du journalisme pour que j’obtienne un stage dans une agence de presse en ligne reconnue.

Ça été vraiment une belle expérience pour moi.

5- Qu’est-ce qui vous motive dans la filière d’études choisie?

Dans le journalisme, toutes les frontières disparaissent.
En effet les journalistes rentrent presque partout, côtoient tout le monde et même les grands hommes si je peux m’exprimer ainsi.

Alors, pour une personne comme moi qui est ouverte et aime aller vers les autres, pourquoi ne pas me pencher dans une filière qui me permettra d’avoir accès à tous les domaines ?

Je vais vous raconter une anecdote.

Un jour, je me suis aventurée avec mon bijou (appareil photo) dans un lieu public pour avoir des images . Et là un policier s’est approché et m’a signifié que c’est interdit de le faire et qu’il faudrait que je paye une amende, chose que j’ai refusée entraînant une dispute.

D’autres personnes se sont approchées pour chercher à savoir ce qui se passe réellement et voilà que je fais sortir ma carte de presse. Puis l’homme en tenue me dit: « mais il fallait me dire que tu fais un reportage ».

C’est exactement ce qui me motive. Car, maintenant je rentre où d’autres personnes ne peuvent pas rentrer.

6- Vivez-vous en Cité Universitaire? Si oui, parlez-nous de vos réalités en cité.

Oui oui, je vis en cité depuis Mai 2015.

La vie en cité est vraiment super car, je n’ai vraiment pas à payer le transport pour me rendre au cours. L’un des problèmes est celui de la nourriture. Comment me nourrir? qu’est ce que je dois manger aujourd’hui ? comment payer la chambre ?

Des questions que je me pose au quotidien. Ce n’est vraiment pas comme à la maison où quand tu viens maman a préparé et ta nourriture est sécurisée. Non, en cité il y a des vendeuses un peu partout mais le coût des plats est pour moi très élevé. Donc je préfère me faire à manger.

La cité me forge car, souvent c’est dur mais on serre les dents. Surtout qu’à mon niveau il existe une grande solidarité sur mon étage, ce qui fait que je me sens bien là et même difficile de rentrer en famille les weekends.

En tout c’est trop chic.

7- Quels sont vos rapports avec vos amis étudiants sur la cité?

C’est la famille.
On a l’habitude de dire ici que  » quand tu causes avec tout le monde tu n’auras jamais faim ». Il suffit de dire « allô Grando, c’est comment tu as position là bas », et le tour est joué. On s’attrape pour manger et tranquille quoi.

Je dis toujours aux nouveaux qu’il faut être ouvert quand tu es en cité. De telle sorte que, lorsque que tu as un problème en chambre … Les autres se dépêchent pour t’aider.

C’est mon cas. Quand j’ai un petit soucis il suffit que j’appelle et je dise « c’est le chef de palier du 3eme étage bâtiment A » et mon problème est résolu.

En tout cas moi je n’ai aucune difficulté ici. Les étudiants sont cool, accessibles, ça passe en fait.

8- Quels avantages vous offre la vie en cité universitaire?

Comme je le disais plus haut, je ne prends pas le taxi ou le transport en commun pour me rendre au cours. C’est ça le 1er avantage pour moi. Aussi, quand je finis les cours à 12h30 et que je dois reprendre à 14h, moi en tant que résidente en cité, je rentre en chambre aisément à la marche. Je prends mon repas, je peux m’accorder un petit repos puis reprendre le chemin des amphis à 13h50 sans crainte de retard.

Contrairement à nous, ceux qui ne vivent pas en cité sont obligés de se restaurer derrière l’amphi Niangoran Boua, au CHU ou dans les restaurants de la Fac.

9- Que souhaiterez-vous voir amélioré dans l’univers de la formation en Côte d’Ivoire?

Au plan matériel:
Il faudrait vraiment que le gouvernement ivoirien reconnaisse qu’un système d’enseignement de qualité est un pilier indispensable pour soutenir les efforts nationaux de développement économique et social.
Alors, il faudrait qu’il y ait un sérieux engagement de l’État pour que nos écoles, universités, cités soient réellement équipées pour nous permettre d’étudier sereinement.

Aussi faut-il que le gouvernement se penche également sur la création de nouveaux savoirs par la recherche
fondamentale et appliquée. Ce, en vue de permettre aux étudiants d’écrire leurs mémoires et thèses en toute tranquillité.

Au plan financier:
Il faut noter que l’amélioration de la qualité de la formation n’est possible que sur la base d’une gouvernance appropriée et d’un financement suffisant à long terme. Ainsi, le gouvernement doit se pencher sur l’augmentation des bourses et secours financiers afin de permettre à une large population d’étudiants d’en bénéficier.

Par ailleurs, le gouvernement doit se pencher sur la question de la corruption au niveau éducatif.

Car, un étudiant qui postule pour avoir une bourse se voit obligé de passer souvent par un réseau peu catholique pour obtenir ladite bourse. Et, une fois la bourse disponible, le réseau prend généralement la moitié.

Par exemple, le secours financiers est octroyé aux cas sociaux et étudiants orphelins.
Un secours qui s’élève à 180.000fr, tu perçois finalement 90.000fr. Alors, comment voulez-vous qu’un étudiant orphelin ou une étudiante orpheline puisse survivre en cité universitaire sachant que le marché de l’emploi est difficile et que l’étudiant doit payer ses cours, ses documents?

Un système où pour avoir son bulletin il faut payer une somme. Où allons nous?
Il y a vraiment tellement de chose qu’on aimerait voir changer dans nos écoles et nos universités.

10- Votre mot de fin?

Le message qui suit va essentiellement à l’endroit de mes sœurs étudiantes.

Je voudrais vraiment vous exhorter à intégrer les différentes associations qui existent à l’université. C’est en cela que vous acquerrez des qualités et valeurs qui vous seront bénéfiques dans les entreprises.

Pour moi, Militer dans une association est un acte citoyen. Militer dans une association nous forge et nous forme.

 

La Rédaction

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