Le nouveau visage de l’emploi à l’ère du numérique

L’innovation technologique constante fait évoluer le marché du travail dans le monde entier. Appréhender l’avenir de l’emploi à l’ère numérique implique de se détacher de la traditionnelle appréhension de ce marché.

La différenciation s’opère aujourd’hui en fonction du caractère routinier ou non des tâches : les travailleurs moyennement qualifiés qui effectuent des tâches répétitives sont davantage susceptibles d’être remplacés par un ordinateur, plus efficace, tandis que la part des emplois impliquant des tâches non routinières augmente.

Une étude intitulée Future of Work in the Digital Age, réalisée par la KU Leuven et l’université d’Utrecht  analyse la transition amorcée sur le marché du travail. Ces phénomènes façonnent le nouveau visage d’un marché du travail en pleine transition, marqué à la fois par le déclin du secteur manufacturier dans les pays développés et la croissance des services, avec d’un côté des emplois à faible technicité et bas salaire et, de l’autre, des emplois à haute technicité, fortement rémunérés.

L’emploi progresse dans de nombreuses régions, au point que les entreprises ne parviennent pas à recruter, car même les candidats hautement qualifiés ne disposent pas des compétences adaptées aux postes à pourvoir. Les employeurs reprochent aux systèmes éducatifs actuels d’enseigner les compétences d’hier aux diplômés de demain. Beaucoup s’inquiètent du manque de compétences personnelles – qualités relationnelles, communication, capacité d’analyse et de résolution de problèmes. Cela montre clairement que les emplois dans les secteurs en croissance comme la santé, l’éducation et d’autres services en personne exigent des compétences différentes de celles qu’avaient acquises les travailleurs issus des secteurs en déclin tels que l’agriculture ou l’industrie manufacturière.

Les évolutions de l’ère numérique posent des questions de fond sur l’adaptation de la politique du marché du travail et des institutions, ainsi que la garantie de conditions de travail souples et d’une protection sociale acceptables. Il s’agit d’améliorer les opportunités en profitant du potentiel offert par de nouveaux modes de travail, tout en donnant à la main-d’œuvre une sécurité suffisante.

Comme l’indiquent les auteurs, dans le contexte de l’évolution technologique, la différence se fait sur les compétences. Le paradoxe vient de la méconnaissance généralisée de la façon dont de nombreuses tâches sont accomplies, particulièrement celles qui nécessitent une intervention humaine et des aptitudes relationnelles. Ces tâches, qui demandent généralement peu d’efforts humains, restent particulièrement difficiles à transcrire en langage informatique.

« Nous devons devenir aussi innovants dans la création d’emplois de qualité que nous le sommes dans le développement de produits et services novateurs », invitait le ministre ivoirien de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Mamadou Touré à l’occasion d’une émission de le grand débat, sur la chaine nationale.

Il importe que l’approche éducative évolue, afin d’éviter aux étudiants et aux jeunes d’être à l’écart des possibilités qui leur permettront de développer les aptitudes dont ils ont besoin à l’ère numérique.

KADET Kady

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