L’étudiant et le Nouchi

L’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan accueille depuis le mercredi 13 mars dernier, un colloque international sur la thématique du Nouchi, comme patrimoine ivoirien. À l’issu, des communications et ateliers ont donné droit de réponse à l’éminente question : « le Nouchi, notre français? »

Ce jour marquant la clôture de l’évènement, le président du comité d’organisation s’est prêté à notre tribune.
Présentation

Je suis Dr Kossonou Kouabena Théodore, maître de conférence en Sciences du Langage et membre de l’Institut de Linguistique Appliquée d’Abidjan. J’ai été désigné par le L3DLCI ( Laboratoire de Description de Didactique et de Dynamique des Langues en Côte d’Ivoire) pour diriger le projet de ce colloque, qui s’avère être une réalité aujourd’hui.

Dites-nous, pourquoi justement avoir initié ce programme international sur le Nouchi?
Tout se justifie! Voyez le contexte dans lequel nous nous trouvons par rapport au Nouchi, voyez surtout l’ambiguïté dans lequel ce parler est plongé. Le Nouchi est-il une langue? Jusqu’à maintenant, à chacun son avis. C’est donc en vue de répondre à cette thématique que nous avons pensé ce colloque, en faisant appel à des personnes avisés des phénomènes linguistiques.

Quelle est la réponse que vous apportez à la question que vous venez d’exposer?

Sur la question, les avis demeurent encore partagés. Chaque chercheur y répond selon son domaine et des réalités spécifiques. Mais à ce que je sache depuis ma formation, il ya un certain nombre de critères (morphologiques, syntaxiques, grammaticaux…) qui régissent une langue. Avant donc de tirer une conclusion, il faut évaluer le Nouchi sur ces valeurs.
Ne soyez donc pas étonnés de ma position, qui est que le Nouchi est juste un Parler, du moins pour le moment. Je parle en tant que Linguiste.

Quelle l’enjeu de cette activité pour les étudiants?

Il n’y a pas qu’un seul enjeu. Mais nous pouvons quand même les regrouper en un. Ainsi, l’enjeu est surtout d’ordre scientifique. C’est de lever des réflexions sur le phénomène du Nouchi qui s’impose de jour en jour dans notre quotidien, d’en comprendre les mécanismes et de penser La venue d’une langue naissante.

Quelle est l’idée, voire le message qui se cache derrière cette activité?

Le message est tout simple. C’est de montrer que le Nouchi est un patrimoine ivoirien, tout comme le Lingala pour le Congo et bien d’autres. En termes d’objectif, c’est de montrer que le Nouchi est un parler réconciliateur entre des groupes, mais aussi et surtout de faire comprendre aux participants que le Nouchi n’est pas le parler des voyous.

A l’issu, des étudiants qui se sont mus en participants, ont exprimé leur satisfaction quant à « l’importance et la rareté de la problématique ». Parmi eux, Djoman Désirée qui affirme que « ce colloque va considérablement m’aider dans la construction de ma thèse à laquelle, il est souvent difficile de trouver des illustratifs clairs ».

Rappelons que le colloque a vu la participation de grandes figures de la fondation du Nouchi. Il y avait entre autres Nash, Julien Goualo, Magnifique et Guyzo 4×4.
KADET Kady

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